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Carole Léger témoigne…

Je vis depuis plus de trois ans au Guatemala en tant que coopérante volontaire en développement international. Je décèle graduellement la complexité des enjeux qui déterminent la réalité quotidienne guatémaltèque. L'exubérance de la végétation masque l'imprévisible puissance des forces naturelles: régulièrement, la terre tremble, les volcans crachent, les mers envahissent les plages de sable noir, les ouragans détruisent… Face à cette vulnérabilité, dans le calme et la régularité des levers et couchers du soleil, on se réjouit des jours splendides qui nous font parfois croire à un éternel printemps.


Carole Léger ne perd pas son idéal utopiste.

Mon implication auprès de groupes indigènes marginalisés m'a conduite vers la misère, la pauvreté à outrance aux conditions de vie à peine descriptibles. Face à ces enfants, ces femmes et ces paysans qui luttent pour leur survie, confinés à l'impuissance et au désespoir contagieux, je me retrouve partagée entre leurs regards de candeur, d'attentes et de déception.

Protégée par mon statut d'étrangère Canadienne, continuellement sollicitée et prise à témoin de toute part, j'oscille entre l'indignation et la colère. Animée d'un ambitieux souhait utopique de paix et de justice pour un développement équitable, je cherche toujours le filon conducteur d'un monde meilleur.

Impossible de demeurer indifférente ou contemplative face à l'exclusion sociale et économique d'une population où se côtoient la discrimination, l'exploitation, l'oppression, la répression, la censure et l'affrontement dans un climat de violence constante et institutionnalisée. L'inégalité de la distribution des richesses et des privilèges devient scandaleuse quand elle condamne la plupart à l'ignorance et à la privation des droits fondamentaux pour la préservation de la dignité humaine.

Tous les facteurs et indices de dégradation socioéconomique et de désintégration du tissu communautaire se manifestent dans toutes les couches sociales. Dans un environnement où règnent la peur collective, la méfiance et la vengeance, on ne compte plus les menaces, les agressions.

C'est dans ce contexte et en toute prudence que je rélève humblement le défi de maintenir un esprit constructeur et de conserver avec enthousiasme, mon idéal.

Une fée bienveillante

A l'occasion de son premier souper bénéfice tenu à Montréal, le 12 octobre 2000, au restaurant Les Primeurs, La Guilde du Pain d'Epices eût l'immense privilège d'accueillir l'Honorable Lise Thibault, Lieutenant-gouverneur du Québec en tant qu'invitée d'honneur.


Madame Lise Thibault
Lieutenant-gouverneur du Québec

Cette dame de coeur engagée socialement, culturellement, politiquement et socialement a embrassé immédiatement la cause de la Guilde. Celle d'apporter soutien, enrichissement et accessibilité à l'éducation des enfants d'ici et d'ailleurs.

Désirant exercer le rôle de rassembleur, Madame Lise Thibault veut servir avec ferveur ses concitoyens. C'est pourquoi, elle fit part de son souhait de devenir "marraine d'honneur à vie" pour la Guilde et d'ainsi endosser la noble préoccupation de celle-ci.

Madame Thibault écrivait à la suite de notre événement ces paroles touchantes: «Dans une société en changement, vous êtes de ceux et celles qui osent faire autrement et qui sèment l'espérance. Grâce à des gens comme vous qui avez foi en les autres, vous nous rappelez que nous sommes tous des forces vives dans notre milieu de vie au quotidien.»

Voix enthousiaste, communicatrice et interlocutrice internationale, Madame Thibault incarnera pour la Guilde "la fée honorable", qui, de sa baguette magique,répandra, elle aussi, la poudre de Perlimpinpin.

Merci à vous, Madame.

Témoignage encourageant

Partout dans le monde, les enfants sont les premières victimes de la pauvreté et des injustices économiques subies par leurs parents. Alors souvent privés d'une éducation adéquate, les enfants de familles démunies se trouvent handicapés pour la vie.

En s'impliquant dans le commerce équitable, La Guilde du Pain d'Épices pose un geste de cohérence. En plus des beaux projets qu'elle met sur pied, elle contribue à l'élaboration d'une économie plus responsable qui permet à des producteurs de cacao et de sucre d'obtenir un meilleur prix pour leurs denrées. La Guilde pose ainsi un geste de plus pour l'éducation des enfants d'ici et d'ailleurs. Bravo pour cette initiative!

Laure Waridel
L'Envers de l'assiette
LES ÉDITIONS écosociété MONTRÉAL 2003

L'éducation : un privilège ou un droit?


Par Géraldine Zaccardelli, 19 ans
Étudiante en journalisme à l'UQAM

En Amérique du Nord, qui dit éducation dit normalité puisque aller à l'école à toujours fait partie de notre quotidien. On ne réalise même plus la chance incroyable que nous avons en tant qu'étudiants et que ce droit consacré par la Déclaration universelle des droits de l'homme dès 1948, ne soit pas encore reconnu à travers la planète.
Effectivement, 300 millions d'enfants n'ont pas accès à l'éducation dont deux tiers sont des filles. Il ne s'agit pas ici de dramatiser davantage la situation des femmes et de s'apitoyer sur leur sort, mais la réalité est telle que dans certains pays les filles sont toujours l'objet de discrimination et affichant un statut social inférieur à celui de l'homme. Elles se voient souvent refuser l'accès à l'école puisque leurs familles les assignent aux tâches ménagères et à la garde de leurs frères et soeurs pour économiser l'argent. L'éducation procure certes une formation académique, mais au-delà de cela, il y a une éducation dite culturelle i.e. celle qui permet de prendre connaissance du savoir technologique et scientifique, des droits reconnus et nécessaire à la fille, à la femme. Dans les pays en voie de développement, cette éducation culturelle aide, par exemple, à prévenir ou à retarder les grossesses précoces et à promouvoir la maternité sans danger et ainsi à réduire le taux de mortalité infantile. Le rôle de la mère revient aussi très souvent à transmettre à ses enfants les valeurs morales et civiques. Il est donc impératif qu'elle soit éduquée.

En fait, l'éducation sauve la vie des femmes et il est inadmissible que des croyances perdurent reliant grossesse, destin féminin ou mauvais esprits au XXIe siècle. Une situation égalitaire pour tous s'impose.

En 1990, à Jomtien en Thaïlande, la communauté internationale a adopté la Déclaration mondiale de l'éducation pour tous où des mesures politiques, économiques et sociales ont été mises de l'avant pour enrayer ces disparités en matière d'éducation. On sentait l'urgence de la situation et la volonté de changement des gouvernements des 160 pays qui se sont alors lancés un défi de taille, celui de scolariser d'ici 2005 un nombre égal de garçons et de filles. Un ultimatum réalisable si des efforts d'envergure y sont consacrés. Dix ans plus tard, à Dakar (Sénégal) ces mêmes organisations internationales dressent un bilan mitigé des dernières années :
- Le premier problème identifié dans les pays non-industrialisés et qui prend des proportions considérables est la pandémie de VIH/SIDA où les filles sont de loin les plus touchées, qu'elles soient infectées ou non.
- La rapide croissance du fondamentalisme religieux provoque souvent un recul des gains sociaux acquis par les filles et les femmes. Malgré les difficultés reconnues, il faut garder en tête à l'aube de l'échéance 2005, une attitude positive et optimiste : une de courage et d'efforts, d'implications et d'investissements! Il demeure capital de rester à l'affût de ces développements, de se tenir au courant, de sensibiliser nos milieux à cette réalité qui peut effectivement nous sembler si lointaine, si absurde afin de permettre l‘accès à l'éducation pour tous, filles comme garçons.

Nous devons réaliser qu'il est tout à fait impossible que de telles inégalités sévissent encore à travers le monde; que des écarts sociologiques aussi profonds co-existent aujourd'hui. Qu'attendons-nous pour agir? Il est effectivement bien beau d'être informé et d'écrire sur le sujet, mais l'accès à l'éducation pour tous se fera par des actions concrètes.
C'est possible. Cela doit être fait.

Un illustrateur en herbe!...
Une illustratrice chevronnée!!!


Louise Pomminville & Julien Lapan

Qu'ont en commun Julien Lapan et Louise Pomminville ? Une palette d'artistes au bout du pinceau, un imaginaire féerique, un talent fou, une poésie colorée... un écart d'âge, mais la passion pour le dessin, quoi!

Louise Pomminville crée, dans les années 70, la collection "Pitatou et les merveilleux oiseaux de la forêt de nulle part" publiée aux Editions Leméac.

Récipiendaire de nombreux prix tels "The look of book" du Canada en illustrant "Ma vache Bossie" de Gabrielle Roy, publiée par Leucan avec "Pomme raconte le cancer une grosse tempête au jardin de la vie" en co-écriture avec Dr Jocelyn Demers, s'impliquant dans la Fondation Jean Lapointe et l'Atelier le Fil d'Ariane (broderie d'Art et de tissage SAORI), créant "Visions-sur l'Art Québec" et écrivant pour les Fonds Educ-Alcool (Pitatou au pays des vendanges), produisant un livre d'art "La Pomme" avec Anne Richer, fondant sa propre société " Les Créations de la Vie Inc", Louise travaille à une nouvelle collection pour la série "Pitatou..." , crée des bijoux et illustre notre Petite Tranche...

Julien Lapan a étudié à l'Académie Manseau ainsi qu'au CÉGEP de Joliette et a obtenu un DEC en Sciences humaines, en 1999.
En juin 2002, il est bachelier en Sociologie à l'UQAM. Humaniste et homme politique, il s'implique dans le mouvement étudiant et participe à diverses causes sociales. Il dessine depuis sa tendre enfance, gagne de nombreux prix dont ceux du Concours des Jeunes Desjardins.

Il crée pour La Petite Tranche des personnages farfelus : Pousse Verre, le jardinier; Cordon Vert, le cuisinier; Bosse Verte, la recherchiste!

Tous deux, jeune et jeune de coeur, travaillent à faire de La Petite Tranche de Pain d'Épices, une oeuvre d'art!

Merci à vous!

Ljubica Milicevic

Ljubica Milicevic est née en ex-Yougoslavie et a émigré au Québec en 1974. Dans son pays d'origine, elle était considérée comme une poétesse prometteuse. À Montréal, elle complète, en anglais, ses études de philosophie et publie des poèmes dans des revues littéraires canadiennes et américaines.

En 2000, aux Editions Les Intouchables, “ Les douze jours de l'année “ marque son premier ouvrage en français. “ Le chemin des pierres “, édité chez Leméac, à l'automne 2002, cristallise un “ pélerinage en terres meurtries “ où “ l'auteure explore avec élégance et délicatesse le terrain miné des récits de guerre “ (Sophie Pouliot – Le Devoir – 20 octobre 2002).

Enfin, “ Marina et Marina “, roman-jeunesse paru aux Editions Trois, relate l'histoire d'une amitié entre deux petites filles de deux ethnies différentes … dans un pays appelé le Kosovo…

Madame Milicevic marie poésie et transparence; elle célèbre ainsi une écriture où le Mot, porte-voix de l'intégrité et de la tolérance, résonne dans le coeur des êtres en devenir…

C'est dans dans cet esprit d'ouverture au monde qu'elle rejoint les fondements de La Guilde du Pain d'Epices!
Longue Vie d'écriture et de beauté!

Louise-Catherine Bergeron

Madame Louise-Catherine Bergeron naît à Rimouski. En 1982, elle entreprend une carrière de gestionnaire au sein d'une firme d'ingénieurs conseils.

Parallèlement, elle s'initie à l'aquarelle, obtient quelques contrats d'illustrations et nourrit une passion énergisante pour le violon.

Depuis 1999, elle participe à de nombreuses expositions et anime des ateliers de dessin pour enfants.

En 2000, elle illustre “ Ma tante Charlotte “ de Christophe Loyer, aux Editions du Soleil de Minuit et en 2002 “ Marina et Marina “ de Ljubica Milicevic, aux Editions Trois.

La palette vive, explosive et pétillante de Madame Bergeron nuance un coup de crayon sûr et sensible. Son univers pictural réflète une frénésie de vivre et un goût de l'aventure...

Des projets d'illustrations sont annoncés pour La Guilde. Cette belle alliance mettra au monde des livres aux tonalités de fraîcheur et d'espérance. A suivre!!!

Je lis, tu lis et c'est fini!..



Par Vicky Bélanger, 16 ans
Polyvalente Thérèse-Martin V

Elle lit paisiblement son nouveau magazine mode. Top classe, hyper cool me dit-t'elle. Dénué de tout sens lui répondais-je. Dénué de tout sens oui, si on s'attarde le moindrement au contenu. Je lui ai demandé si elle connaissait Vian. Elle m'a demandé si c'était une marque de biscuits : Vian pas Viau! C'est la lacune des jeunes aujourd'hui : “ Culture! Connais pas! ” . Ils ont tout pour réussir et je n'ai rien à leur reprocher, ni à eux, ni à leurs magazines. C'est qu'ils ont toujours eu tout cru dans le bec. Et la culture personnelle perd de son importance.

Pourquoi lire, aller à la bibliothèque quand ma console de jeux peut me divertir sans trop me forcer les méninges. Et un livre, ce n'est pas sensé être divertissant ? Le livre n'est pas votre ennemi, et la culture personnelle non plus!
Oui, il faut faire un effort pour lire, ce n'est pas aussi facile que presser les boutons d'une manette, vrai ? Vous apprendrez quel auteur a écrit quoi. Mais le résultat final sera d'autant plus gratifiant que vous saurez qui a écrit quoi?
- “ Vous, JEUNES, intéressez-vous davantage aux magnifiques oeuvres que ces auteurs ont mises au monde! Commencez tranquillement et vous découvrirez que la lecture aussi ça transporte, ça fait planer! ”
- “ Vous PARENTS, introduisez votre enfant dès son plus jeune âge à la lecture, donnez-lui l'exemple, partagez. Quoi de mieux que de faire découvrir à quelqu'un d'autre une oeuvre qui nous passionne? ”

Ma génération a beaucoup d'avenir et tout pour réussir. Il suffit de développer davantage sa curiosité pour avoir un plus gros bagage personnel et pour ceux qui veulent garder leurs petites valises, c'est leur droit après tout !

Julianne présente son papa, Benoît Hogue,
parrain de la Guilde du Pain d'Épices

Je m'appelle Julianne et je suis née en Chine dans la ville de Changde, le 19 janvier 2000. Si aujourd'hui je vous raconte mon histoire, c'est que celle-ci est une véritable histoire d'amour : celle que je vis avec Louise et Benoît.

Mes parents ont décidé d'adopter une fillette chinoise. Je suis l'heureuse élue. Je suis parmi les favorisées de l'orphelinat; je ne sais pas exactement comment j'y suis arrivée, mais j'y ai vécu avant d'entreprendre ce long voyage jusqu'en Lanaudière, au Québec. On m'a demandé de vous entretenir de mon père, Benoît Hogue, chef cuisinier et parrain de La Guilde du Pain d'Épices.

Passionné par la cuisine, il commence son apprentissage professionnel dès ses études secondaires et se perfectionne à l'Institut d'hôtellerie du Québec. Son expérience, il l'acquiert d'abord chez Queux, puis se joint à la brigade du Caveau, restaurant très connu. Benoît est un chef d'équipe soucieux de l'ambiance de travail ; sous sa gouverne, tous et chacun participent allègrement à la réalisation de repas de qualité. Parce qu'il aime la nature et le calme, Benoît décide en 1993, d'installer à la campagne, dans une maison patrimoniale, Le Dialogue. Ce n'est pas seulement un nom de restaurant; c'est sa manière bien personnelle d'accueillir les 24 convives, de prendre leurs commandes et de les réaliser avec talent et enthousiasme. Il m'a confié que, depuis neuf ans, il vivait, grâce à son rêve réalisé, une véritable lune de miel : je ne sais pas trop ce que cela veut dire, mais je pense que c'est très important pour lui et pour nous. Les questions liées à l'enfance, plus particulièrement celles de l'éducation, le préoccupent au plus haut point.

L'éducation via la littérature et la saine alimentation, prônée par La Guilde du Pain d'Épices, retient son attention; il décide de s'engager comme parrain. Il prévoit des ateliers de fabrication de biscuits destinés aux jeunes assoiffés d'amour et de rassasier ainsi leur curiosité innée. Il est d'ailleurs convaincu que la chaîne d'amitié, forgée par tous les adeptes de la Poudre de Perlimpinpin autour du monde, saura sensibiliser les décideurs à élaborer de nouvelles politiques afin de favoriser les enfants les plus démunis. Il faut, tous ensemble, être conséquents pour que papa ait raison.

Je termine en ajoutant que mon nom chinois me prépare à vivre des événements importants, mais je ne sais pas lesquels, car je n'ai que vingt et un mois.

Généreux donateur et visionnaire, Gilles Caron pense que c'est
quand donner commence à faire mal que l'on fait une différence.


Gilles Caron

Gilles Caron, vice-président marketing chez Métro-Richelieu Inc., a généreusement offert à 30 de ses clients, collègues et fournisseurs privilégiés un repas gastronomique, lors de la première soirée bénéfice de La Guilde du Pain d'Épices. Cette soirée visait à ramasser des fonds pour les ateliers d'alphabétisation offerts par La Guilde dans les écoles défavorisées.

Très touché par le problème que vivent les jeunes souffrant d'analphabétisme, Monsieur Caron pense que les enfants qui ont de la difficulté à lire et à écrire, seront des adultes qui auront de la difficulté à saisir la vie. “Mon grand-père est arrivé à l'âge de 16 ans d'Italie, où il était berger. Il était illettré et en a souffert toute sa vie. Ébéniste ici, il vivait en reclus, dans l'angoisse et le stress, de peur que les gens ne découvrent son ignorance. C'était dramatique”, nous confie M. Caron.

Concepteur de la marque “Sélection Mérite” et du slogan “Profession: épicier”, M. Caron se perçoit comme un “créateur d'entousiasme”. Il croit fermement qu'il faut animer et “embarquer” les autres à l'aide d'idées et de projets, dans le but de réussir. Conviction qu'il partage naturellement avec La Guilde du Pain d'Épices. “Nous sommes privilégiés, et il faut donner à ceux qui en ont besoin”, dit M. Caron. “Comme disait le Cardinal Léger, c'est quand ça commence à faire mal de donner, que ça fait une différence et qu'on est nous-mêmes transformés par le fait de donner.”

Monsieur Caron, qui a enseigné aux Hautes Études Commerciales de Montréal pour rester jeune et en contact avec les nouvelles tendances, partage aussi avec La Guilde la certitude qu'il faut écouter les jeunes, ne pas juger leurs rêves et surtout ne pas les trouver ridicules. “Le problème aujourd'hui est que les adultes n'écoutent plus les jeunes. Les parents n'ont plus le temps d'écouter leurs enfants. Tout est si sérieux de nos jours et concentré sur l'économie; il faut créer de l'enthousiasme auprès des jeunes par des projets. Contrer la pauvreté matérielle et morale par des rêves”, et M. Caron d'ajouter avec conviction: ”nous vivons dans un monde égoïste, c'est pour cela qu'il faut encourager les enfants en les écoutant”.

La magie des additions


Sylvie Gendreau

J'ai l'habitude d'être plutôt fascinée par les mots que par les nombres, sauf lorsque je pense aux bienfaits des additions.

Pourrait-on fabriquer du pain d'épices si on n'ajoutait pas de la farine et du beurre aux épices?
Pourrait-on faire des mots si on n'ajoutait pas les lettres les unes aux autres?
Pourrait-on faire des phrases si on n'ajoutait pas des mots et des idées?

Sans addition, point de vie possible! Sans l'association des uns et des autres, sans entraide, sans solidarité, peu de choses avanceraient, peu de choses évolueraient...

Alors qu'un petit élément de l'un ajouté au petit élément de l'autre peut faire une différence dans la vie d'une personne, les petites touches de chacun peuvent vraiment faire avancer les causes qui méritent d'être défendues.

L'amour, d'ailleurs, ne s'incarne que dans cette logique. Réunion, partage, rencontre, échange, don... Et c'est en donnant qu'on reçoit le plus. N'est-ce pas souvent la magie des ensembles qui marque les grandes réalisations et les avancées importantes? Je vois La Guilde du Pain d'Épices comme une petite touche, un petit ensemble, une goutte d'eau qui s'ajoute aux autres pour aider cette cause immense qu'est l'alphabétisation.

Ajouter deux ingrédients, deux lettres, deux mots, deux idées, deux talents, deux bonnes volontés, peut faire une différence pour les enfants dont la plus grande souffrance est justement causée par notre indifférence.

L'alphabétisation est la clé pour entrer dans tous les univers et les champs de connaissance qui donnent accès à tous les possibles. La magie des mots et des histoires, la clé de l'imaginaire, l'assurance de ne jamais s'ennuyer, de n'être jamais seul. Savoir lire et écrire est beaucoup plus qu'apprendre des mots et une grammaire... Savoir lire et écrire est la clé pour mieux vivre avec soi-même et avec les autres.

Le tout étant toujours plus que la somme de ses parties, seul, on ne peut pas grand chose; mais, si nous ajoutons notre petite goutte d'eau... à La Guilde, ensemble, nous pourrons faire une différence.

Sylvie Gendreau

Sylvie Gendreau est l'auteure de La Cité des intelligences, aux éditions CÉRA, Montréal, 1998, ainsi que marraine de La Guilde du Pain d'Épices.

Mille fois merci


Pierre Poirier

Pierre Poirier, artiste autodidacte de 36 ans, a offert très généreusement à La Guilde du Pain d'Épices une de ses oeuvres pour l'encan silencieux de la soirée-bénéfice du 12 octobre 2000, à Montréal. "L'éducation des jeunes est très importante", nous a dit monsieur Poirier, "et comme je n'ai pas d'enfants, c'est ma façon d'aider ceux des autres".

Monsieur Poirier a réalisé Composition Abstraite #2 à l'aide de gouache or, d'encre de Chine et de cendres de bois. Cette toile, d'une dimension de 11 par 15 pouces, est l'un des rares tableaux d'art abstrait de monsieur Poirier. "L'art abstrait me permet d'explorer une nouvelle forme d'expression en me libérant de toute contrainte," nous a-t-il confié.

Diplômé en dessin industriel et titulaire d'un baccalauréat en microbiologie, monsieur Poirier se passionne pour le dessin. Spécialiste de l'étude du corps humain, il réalise ses créations à l'aide de matières brutes et de médiums secs sur papier. Les dessins de monsieur Poirier sont caractérisés par une exécution inachevée, un aperçu du corps, qui se concentre sur les muscles et le tronc.

À l'aide de modèles vivants, il travaille maintenant l'empreinte corporelle qui lui sert à représenter l'essentiel du corps humain en le rendant plus vivant sur papier. "L'empreinte corporelle est en quelque sorte une mémoire des formes du corps, une peinture d'identité par l'emprise de la chair sur le papier", de préciser monsieur Poirier.

Partageant son temps entre le Musée des beaux-arts de Montréal et la création, Monsieur Poirier expose à New York et dans plusieurs villes du Canada. A.M.F.